fatiguer


fatiguer

fatiguer [ fatige ] v. <conjug. : 1>
XIVe; lat. fatigare « épuiser; tourmenter »
I V. tr.
1Causer de la fatigue à (un organe, un organisme). Cet exercice fatigue les bras, le cœur. Cette lecture lui a fatigué les yeux. Cette longue marche m'a fatigué. briser, épuiser, éreinter, exténuer, harasser, tuer; fam. claquer, crever, esquinter, pomper, 1. vanner, vider. Les études le fatiguent. (Sujet personne) Faire fournir des efforts excessifs à. Fatiguer son personnel; ses élèves ( surmener) . Fatiguer son cheval. Fatiguer une bête en la poursuivant. forcer.
Agric. Fatiguer un champ, fatiguer la terre, l'épuiser par la culture répétée d'une même plante. Fatiguer un arbre, lui laisser produire trop de fruits.
2Par ext. Remuer, retourner. Fatiguer la terre. Fam. Fatiguer la salade.
3Rebuter par l'ennui, par l'importunité. Fatiguer ses auditeurs. assommer, endormir, ennuyer, lasser. Fatiguer qqn par des demandes, des plaintes répétées. énerver, harceler, importuner, obséder. Fam. Arrête, tu nous fatigues ! « si vous me fatiguez trop souvent de vos précieuses pleurnicheries » (Baudelaire).
II V. intr.
1Vx ou région. Se donner de la fatigue, se fatiguer. Cour. (d'un mécanisme) peiner. Le moteur fatigue dans la montée.
2Subir des déformations consécutives à un trop grand effort. se déformer, plier. Poutre qui fatigue sous une trop forte poussée. Mar. Navire qui fatigue, dont la mâture, les liaisons sont ébranlées par l'effet d'un vent violent, d'une mer agitée, etc.
III ♦ SE FATIGUER v. pron.
1Fournir un effort excessif; se donner de la fatigue. Se fatiguer en travaillant trop (cf. Se tuer de travail). Il ne s'est pas trop fatigué. fam. se casser, se fouler. Je me fatigue à lui expliquer cela depuis deux heures. s'échiner, s'époumoner, fam. s'esquinter, s'évertuer, se tuer.
Fam. Faire des efforts inutiles. « Laisse donc tomber, ne te fatigue pas » (Sarraute). Ne vous fatiguez pas (à mentir), je sais tout.
2 ♦ SE FATIGUER DE : avoir assez, se lasser de. On se fatigue des meilleures choses. « On se fatigue de la pitié quand la pitié est inutile » (Camus).
⊗ CONTR. Délasser, détendre , 1. reposer. Amuser, intéresser . ⊗ HOM. Fatiguant :fatigant.

fatiguer verbe transitif (latin fatigare) Imposer à quelqu'un, à un animal un effort qui épuise ses forces : Cette marche prolongée avait fatigué les randonneurs. Soumettre un organe à un effort trop grand qui diminue ses capacités, qui altère son fonctionnement : Le soleil fatigue les yeux. Causer à quelqu'un une fatigue intellectuelle : Trois heures de mathématiques fatiguent les élèves. Rebuter, lasser quelqu'un par l'importunité, l'ennui : Cet enfant me fatigue avec ses cris. Diminuer la résistance d'un matériau en lui demandant un effort trop grand : Le poids fatigue les solives.fatiguer (difficultés) verbe transitif (latin fatigare) Orthographe Ne pas confondre. 1. Fatigant, e, adj., sans u : un travail fatigant, une journée fatigante. 2. Fatiguant, part. présent de fatiguer, avec un u : c'est encore une convalescente, se fatiguant vite et exigeant des soins attentifs. ● fatiguer (expressions) verbe transitif (latin fatigare) Fatiguer la salade, la tourner longuement après l'avoir assaisonnée. ● fatiguer (homonymes) verbe transitif (latin fatigare) fatiguant fatigant adjectiffatiguer (synonymes) verbe transitif (latin fatigare) Imposer à quelqu'un, à un animal un effort qui épuise...
Synonymes :
- anéantir
- épuiser
- éreinter (familier)
- esquinter (familier)
- exténuer
- s'épuiser
- vanner (familier)
Contraires :
- délasser
- détendre
Causer à quelqu'un une fatigue intellectuelle
Contraires :
- intéresser
Rebuter, lasser quelqu'un par l'importunité, l'ennui
Synonymes :
- barber (familier)
- bassiner (familier)
- embêter (familier)
- empoisonner (familier)
- enquiquiner (familier)
- raser (familier)
- tanner (familier)
fatiguer verbe intransitif En parlant d'un matériau, d'une machine, avoir à supporter un trop gros effort : Le moteur fatigue dans les côtes. Familier. Éprouver de la fatigue, en parlant de quelqu'un : Il fatigue vite au volant.

fatiguer
v.
rI./r v. tr.
d1./d Causer de la fatigue à (qqn). Ce déplacement m'a fatigué.
|| Par ext. Affecter de manière fâcheuse (le corps, un organe). Les épices fatiguent l'estomac.
d2./d Importuner; lasser. Il me fatigue par ses récriminations.
d3./d AGRIC Fatiguer la terre, l'épuiser par la répétition d'une même culture.
rII./r v. intr. (Choses) Supporter un trop grand effort. Charpente, moteur qui fatigue.
rIII/r v. Pron.
d1./d Se donner de la fatigue.
d2./d Se donner du mal. Je me suis fatigué à lui expliquer cela!

⇒FATIGUER, verbe.
I.— Emploi trans.
A.— Dans le domaine physiol.
1. [En parlant de l'homme]
a) [Le compl. d'obj. dir. désigne une pers.] Provoquer une diminution des forces de l'organisme, généralement par une activité excessive ou trop prolongée. Fatiguer un malade. La chaleur nous fatigue beaucoup (LAMART., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 382). Des courses en ville m'avaient fatigué et je suis tombé sur mon lit où j'ai essayé de lire (GREEN, Journal, 1945, p. 258) :
1. ... je ne vous conseillerais pas de monter nos quatre-vingt-dix-sept marches, juste la moitié du célèbre dôme de Milan. Il y a de quoi fatiguer une personne bien portante, d'autant plus qu'on monte plié en deux si on ne veut pas se casser la tête...
PROUST, Swann, 1913, p. 105.
P. métaph. Le vent, sans repos, fatigue la mer, fatigue la côte nue, rongée par lui, à peine vêtue d'herbe (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Vendetta, 1883, p. 117).
Fam. [Forme impers. + de + inf.] Celui-là ne passait jamais au soleil parce que ça le fatiguait de traîner son ombre (PAGNOL, Marius, 1931, I, 3, p. 30).
[Emploi fréq. au part. passé exprimant un état] Corps fatigué. Je suis fatigué à la mort (STENDHAL, Rouge et Noir, 1830, p. 386).
♦ [suivi d'un compl. désignant la cause introduit par une prép.]
[+ par] Il souffla un instant, fatigué par la montée du large perron (ZOLA, Nana, 1880, p. 1282).
[+ à] Fatiguée au moindre effort, Mme de Guermantes disait énormément de bêtises (PROUST, Temps retr., 1922, p. 1005).
[+ de + subst. ou verbe à l'inf.] Il se sentait fatigué d'avoir tant marché avec moi (LAS CASES, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 571).
b) [Le compl. d'obj. dir. désigne une partie de l'organisme] Affecter (un organe) de manière pénible au point d'en empêcher le fonctionnement normal. J'ai cruellement toussé cette nuit, ce qui m'a fatigué la poitrine, les yeux et la tête du même coup (AMIEL, Journal, 1866, p. 59). Mon édition de Shakespeare est en trop petits caractères et me fatiguait les yeux (GIDE, Journal, 1914, p. 423).
[Au part. passé exprimant un état] J'ai le cœur fatigué depuis quelques jours (GIDE, Journal, 1914 p. 450). L'air vif pénétrait leurs poumons fatigués (GRACQ, Argol, 1938, p. 92).
♦ [Suivi d'un compl. désignant la cause introduit par une prép.]
[+ par] L'estomac encore tout fatigué par le plantureux déjeuner que les Cattan m'avaient offert (GIDE, Journal, 1914p. 169).
[+ de + subst. ou verbe à l'inf.] J'ai les yeux fatigués de tant chercher (SAINT-EXUP., Courr. Sud, 1928, p. 75).
c) [En parlant d'un attribut de la pers. emploi fréquent au part. passé exprimant un état] Qui manifeste la fatigue d'une personne.
[En parlant d'un comportement humain] Il faut bien en finir, dit Vallagnosc, avec un mouvement fatigué des paupières (ZOLA, Bonh. dames, 1883, p. 453). Jacques errait à travers la chambre, d'un pas fatigué (MARTIN DU G., Thib., Sorell., 1928, p. 1245).
P. méton. Ce n'est pas pour vous, mon cher Lefebvre, que ma plume est fatiguée (LAMART., Corresp., 1834, p. 25).
[En parlant d'une partie du corps] Air fatigué; traits, yeux fatigués; figure, voix fatiguée. Je vous trouve le visage fatigué (ARLAND, Ordre, 1929, p. 195).
P. anal. [En parlant d'une plante] Qui montre des signes d'épuisement. [Les anémones] laissaient se courber leurs tiges fatiguées (MAUROIS, Ariel, 1923, p. 19).
d) Emploi pronom.
) [Le suj. désigne une pers.]
Se donner de la fatigue. Tu te fatigues toutes les fois que tu sors (MAUPASS., Contes et nouv., t. 2, Soirée, 1883, p. 585). Très vite, les prisonniers se fatiguaient, épuisés par leur jeûne (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 469). Le malade fait signe qu'il se fatigue (MARTIN DU G., J. Barois, 1913, p. 256).
♦ [Suivi d'un compl. désignant la cause ou la finalité]
[+ à + verbe à l'inf. ou + subst.] Dis à mon bon père qu'il ne se fatigue pas trop aux travaux de tête (HUGO, Corresp., 1825, p. 410). Ne te fatigue donc pas à parler (PROUST, Guermantes 1, 1920, p. 312).
[+ en (qqc.)] Il préférait sortir, se fatiguer en promenades lointaines (ZOLA, Germinal, 1885, p. 1351).
[+ par] L'âme se fatigue par trop de contemplation (STAËL, Allemagne, t. 2, 1810, p. 150).
[+ pour] Comme tout chasseur qui s'est fatigué pour rien (DUMAS père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 380).
Loc. fam., p. iron. Ne pas se fatiguer. Ne rien faire.
Pronom. réfl. indir. Provoquer la fatigue (d'un de ses organes, d'une de ses facultés). Ça permettait de manger douze heures à la file, sans se fatiguer l'estomac (ZOLA, Assommoir, 1877, p. 567). Ils parlèrent (...) de toutes les choses courantes sur lesquelles on peut discourir indéfiniment sans se fatiguer l'esprit (MAUPASS., Bel-Ami, 1885, p. 33). Vous allez encore vous fatiguer les yeux (DUHAMEL, Passion J. Pasquier, 1945, p. 95).
) [Le suj. désigne une partie du corps] Devenir fatigué. Décidément, disait-il, ma pauvre tête se fatigue (BALZAC, Lys, 1836, p. 75).
[Suivi d'un compl. désignant la cause, introduit par une prép.] C'était l'heure où les yeux se fatiguent à vouloir discerner les contours (MARTIN DU G., Thib., Belle sais., 1923, p. 982). Si loin et si droit fuyait la ligne du fossé que la vue se fatiguait à la suivre (GREEN, Journal, 1941, p. 68).
P. anal. [En parlant d'une plante] Toute tête qui n'est point rafraîchie à temps par la taille se fatigue (PESQUIDOUX, Livre raison, 1925, p. 1).
2. [En parlant d'un animal] Imposer un effort pénible (à un animal) au point de le rendre incapable d'exécuter plus longtemps ce qui lui est demandé. Il est inutile de fatiguer les chevaux (MILLE, Barnavaux, 1908, p. 291).
Spéc. Manœuvrer (un animal) de façon à diminuer sa résistance pour le maîtriser. Leurs passades propres à fatiguer et éberluer le taureau (GIDE, Thésée, 1946, p. 1423). [En partic. d'un poisson] Cf. SCHREINER 1975.
[Au part. passé exprimant un état] Des laboureurs ramènent leurs bœufs fatigués à leur chaumière (CHATEAUBR., Natchez, 1826, p. 311).
P. anal. Le canon fatigué n'aboyait plus (DORGELÈS, Croix de bois, 1919, p. 245).
♦ [Suivi d'un compl. désignant la cause, introduit par une prép.] Les flancs du cheval fatigué d'une longue course (LAMART., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 71).
B.— P. anal. et au fig.
1. [En parlant de l'homme]
a) [Le compl. d'obj. dir. désigne une pers.]
Décourager quelqu'un, lui enlever l'envie de poursuivre ce qu'il a commencé. Fatiguer le lecteur. J'y suis dans une position fausse et avec un rôle incertain, qui me fatigue et me rend malheureux (MAINE DE BIRAN, Journal, 1816, p. 109). Le paysage monotone, qui fatigue le passager, est déjà autre pour l'équipage (SAINT-EXUP., Terre hommes, 1939, p. 153) :
2. Maintenant, il préférerait être serrurier. La serrurerie le fatigua. En deux années, il tenta plus de dix métiers. Florent pensait qu'il avait raison, qu'il ne faut pas se mettre dans un état à contre cœur.
ZOLA, Ventre Paris, 1873, p. 642.
♦ [Au part. passé exprimant un état; avec un compl. désignant le moyen ou la cause, introduit par une prép. de + subst. ou verbe à l'inf.] Fatigué de ce plaisir usé, il rentra dans son hôtel de la rue de Lille (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Rencontre, 1884, p. 937). Je suis fatigué de lire des livres qui me parlent de notre monde absurbe et criminel (GREEN, Journal, 1943, p. 17). Un homme prématurément fatigué de l'existence (CAMUS, Possédés, 1959, 1re part., 4e tabl., p. 983).
[Avec l'idée d'une diminution du pouvoir d'attention, d'écoute ou de compréhension de qqn] Importuner, lasser.
♦ [Suivi d'un compl. de moyen introduit par une prép. de, par] Comme un voyageur qui débarque au port, et que tous les courtiers d'hôtellerie fatiguent de leurs recommandations (BALZAC, Cous. Pons, 1847, p. 282). Il fatiguait le ministre par ses demandes continuelles de secours (FLAUB., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 25). Elle a déjà dit l'an passé que vous la fatiguiez de vos avances (PROUST, Prisonn., 1922, p. 277).
Au passif. Elle était aussi dégoûtée de lui qu'il était fatigué d'elle (FLAUB., Mme Bovary, t. 2, 1857, p. 142). Je suis fatigué de vous, Soubrier, affreusement fatigué de vous (MONTHERL., Ville dont prince, 1951, I, 1, p. 857).
b) [Le compl. d'obj. dir. désigne une faculté psychique, une attitude, un comportement, etc.] Atténuer la vivacité (de quelque chose). Elles se blasent ainsi souvent d'elles-mêmes en fatiguant leurs désirs dans le vide (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p. 136). Pour fatiguer mon ennui, je me donnais à mes amis politiques (BARRÈS, Jard. Bérén., 1891, p. 169) :
3. Ce mot-là, je devine qu'il va bientôt prendre la place de plusieurs images que j'aime. Aussitôt je m'arrête, je pense vite à autre chose; je ne veux pas fatiguer mes souvenirs. En vain, la prochaine fois que je les évoquerai, une bonne partie s'en sera figée.
SARTRE, Nausée, 1938, p. 52.
Au part. passé. Pour rafraîchir les images que ma mémoire fatiguée ne retrouvait plus (PROUST, Swann, 1913, p. 401). Dans ses gestes, il y avait un charme fatigué (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 244). Je voyais peu de monde, entretenais la survie pénible d'une ou deux liaisons fatiguées (CAMUS, Chute, 1956, p. 1528).
P. ext. [En parlant d'un comportement social] Le goût moderne fatigué vomit les bibelots (MAURIAC, Journal, 1934, p. 66).
c) Emploi pronom. à valeur passive
Se décourager, ne plus avoir envie de poursuivre. Ma tendresse est inaltérable et ne se fatiguera jamais (BALZAC, Lettres Étr., t. 2, 1850, p. 78).
♦ [Avec un compl. de moyen introduit par une prép. de + subst. ou verbe à l'inf.] Le petit prince se fatigua de la monotonie du jeu (SAINT-EXUP., Pt Prince, 1943, p. 445). On se fatigue de vivre toujours seul (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 450).
Être importuné (par quelqu'un), ne plus pouvoir le supporter. Ils finissent par se fatiguer l'un de l'autre et chacun se marie de son côté (LEMAITRE, Contemp., 1885, p. 314). Après s'être fatigué des inconnus qu'il rencontrait (PROUST, Prisonn., 1922, p. 210).
2. [Le compl. d'obj. dir. désigne une chose]
a) Dans le domaine phys. [Avec l'idée d'affecter le fonctionnement normal d'une chose] Diminuer la résistance (d'une chose), sa solidité, par une trop longue ou trop violente utilisation. Sur le pont d'un esquif, qu'a fatigué la lame (LAMART., Harmonies, 1830, p. 328). Tel que t'es, t'as pas dû fatiguer les bancs du catéchisme (BERNANOS, Crime, 1935, p. 778) :
4. Je retroussai mes manches, et je me mis à fatiguer à tour de bras une espèce de pompe qui sifflait, soufflait, râlait comme un poitrinaire pour lâcher un filet d'eau pareil à l'écoulement d'une fontaine Wallace.
MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Père Mongilet, 1885, p. 542.
[Au part. passé exprimant un état; en parlant d'un obj., d'un vêtement, etc., qui n'est plus ce qu'il devrait être] Qui est usagé, voire assez usé. Reliure fatiguée; volume, ressort fatigué. Dans la rouge cabine, meublée d'un divan fatigué (HUYSMANS, Art mod., 1883, p. 123). Tous ces gens rassemblés là, avec leurs soutanes fatiguées (BARRÈS, Colline insp., 1913, p. 139). La petite glace que Juliette sortait de son sac fatigué (TRIOLET, Prem. accroc, 1945, p. 61).
♦ [Avec un compl. désignant la cause, introduit par une prép.] Il s'est allongé dans un lit fatigué par les voyageurs de commerce (ROMAINS, Hommes bonne vol., 1932, p. 65). C'était de vieilles machines fatiguées par la guerre (BEAUVOIR, Mandarins, 1954, p. 217).
Emploi pronom. à valeur passive. Malgré qu'il se fatigue et commence à branler, Le monument sait faire encore une assemblée (ROMAINS, Vie unan., 1908, p. 74).
P. ext. Diminuer l'importance (d'une chose), la réduire. Ma vie de garçon a fatigué mon patrimoine encore plus que moi (AUGIER, Beau mar., 1859, p. 137).
Emploi pronom. Ils attendaient que la chaleur se fatiguât (BEAUVOIR, Mandarins, 1954 p. 224).
b) Dans le domaine abstr., emploi factitif. Rendre fatigant. Le rôle du romancier est de voir et de dire ce qu'il a vu. S'il veut « penser », qu'il le fasse ailleurs que dans un roman. Cette parade intellectuelle alourdit et fatigue le récit (GREEN, Journal, 1946-50, p. 213).
c) Spécialement
Vx. Fatiguer la terre. La retourner plusieurs fois. L'homme en la fatiguant fertilise la terre (LAMART., Chute, 1838, p. 959).
Région. Fatiguer la salade. La remuer, la tourner après l'avoir assaisonnée. Je n'aurais qu'à mettre à réchauffer le potage et à fatiguer la salade (ARNOUX, Double chance, 1958, p. 37).
PEINT. Retoucher à plusieurs reprises jusqu'à affadir le contraste des tons. Un peintre peut fatiguer sa toile; un écrivain ne fatigue pas son manuscrit (MARTIN DU G., Souv. autobiogr., 1942, p. CXV).
II.— Emploi intrans.
A.— Rare. [Le suj. désigne une pers. ou un de ses attributs] Se donner de la fatigue par une activité ou un travail excessif. Il fatigue trop (Ac.). Ma tête fatigue encore facilement (NERVAL, Corresp., 1830-55, p. 254). On ne fatigue pas. On n'a pas besoin de manger beaucoup (RENARD, Journal, 1906, p. 1062). Quand on débarque à Paris, continuait Louise, les premiers temps, on fatigue (DABIT, Hôtel Nord, 1929, p. 185).
P. anal. Le moteur fatigue dans la montée (ROB.).
B.— [Le suj. désigne une chose concr.] Se déformer à la suite d'un effort trop grand. Cette poutre fatigue (Ac.)
MAR. [Le suj. désigne un bateau, sa mâture] Être fortement ébranlé par l'effet du vent ou de la mer déchaînée. Un bâtiment fatigue lorsque (...) ses liaisons sont fortement ébranlées et éprouvent des actions autres que celles qu'elles devraient supporter (GRUSS 1952).
Rem. On rencontre ds la docum. fatiguoir, subst. masc., rare. Lieu où l'on se fatigue. Dites donc, Marcel, (...) on ne peut pas le visiter en votre absence, votre petit reposoir? — Mon petit fatiguoir? (COLETTE, Cl. ménage, 1902, p. 232).
Prononc. et Orth. :[fatige], (je) fatigue [fatig]. Ds Ac. 1694-1932. Les verbes en -guer conservent gu dans toute la conjug., même devant a et o, contrairement à la règle gén. qui veut que [g] ne se traduise par gu que devant e, i, y : nous fatiguons, il fatiguait, en se fatiguant. Les adj. verbaux (parfois subst.) se distinguent ainsi des part. prés. correspondants. Ex. : Adj. (subst.) verbal : extravagant (un homme), fatigant (un travail), fringant (un air), intrigant (un conseiller, un), navigant (le personnel, un). Part. prés. : extravaguant, fatiguant, fringuant (vx verbe fringuer), intriguant, naviguant (cf. GAK, Orth. du fr., Paris, Selaf, 1976, p. 159). Étymol. et Hist. 1. Début XIVe s. pronom. « épuiser ses forces par un effort long ou pénible » (AIMÉ DE MONTCASSIN, Hist. des Normands, éd. V. de Bartholomaeis, II, 7, p. 65); 2. av. 1660 « rebuter par l'ennui » (Scarr[on] ds RICH.). Empr. au lat. class. fatigare « épuiser; tourmenter ». Fréq. abs. littér. : 1 744. (fatiguant : 37). Fréq. rel. littér. :XIXe s. : a) 2 227, b) 2 857; XXe s. : a) 2 664, b) 2 386. Bbg. LA LANDELLE (G. de). Le Lang. des marins, Paris, 1859, p. 271.

fatiguer [fatige] v.
ÉTYM. XIVe; lat. fatigare « épuiser, harasser, fatiguer, exténuer » probablt de fatis « fente, crevasse » (cf. la loc. lat. ad fatim « jusqu'à crever, jusqu'à éclater »).
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I V. tr.
1 Causer de la fatigue à (un organe, un organisme). || Fatiguer un muscle par des excitations répétées. || Cet exercice fatigue le bras. || Cette lecture lui a fatigué les yeux.(Compl. n. de personne). || Fatiguer quelqu'un. Abattre, accabler, affaiblir, épuiser, éreinter, exténuer, harasser; et (fam.) claquer, crever, vanner. || Ce travail, ce métier l'a beaucoup fatigué. Surmener. || Les maladies, les excès l'ont fatigué, ont fatigué son organisme. Alanguir, consumer. || Le voyage ne l'a pas fatigué.
1 (…) et sa fureur extrême Le fatigue, l'abat (…)
La Fontaine, Fables, II, 9.
2 (…) la nuit que je viens de passer m'a cruellement fatigué. Il serait généreux à vous de me permettre de réparer mes forces.
Laclos, les Liaisons dangereuses, Lettre LXXIX.
3 Il souffrait d'un point douloureux entre les omoplates. Pourtant, ce long voyage en chemin de fer ne l'avait pas fatigué outre mesure; il avait pu s'allonger une partie de la nuit.
Martin du Gard, les Thibault, t. VIII, p. 212.
(Sujet n. de personne). Faire fournir des efforts excessifs à. || Fatiguer son personnel, ses élèves. || Un bourreau (cit. 6) de travail qui fatigue ses collaborateurs.
Fatiguer une bête en la poursuivant. Forcer. || Fatiguer un cheval, un animal (→ Esquinter, cit. 2).
Fatiguer l'ennemi par des escarmouches, le tenir en haleine. Harceler.
4 (…) il commanda au maréchal de Créqui de les fatiguer (les Impériaux) le plus qu'il pourrait (…)
Racine, les Campagnes de Louis XIV.
(Fatigue intellectuelle; souvent sujet n. de chose). || Fatiguer l'esprit, le cerveau. || Fatiguer intellectuellement qqn. || L'étude (cit. 7) ne le fatigue pas. || La réflexion le fatigue (→ Attrister, cit. 3).
Affecter désagréablement, péniblement. || Lumière vive, papillotante, qui fatigue les yeux. || Ce long discours lui a fatigué la voix.Les traits d'un visage que les années ont fatigués (→ Abord, cit. 7).
2 Par métaphore ou fig.; compl. n. de chose. Agric. || Fatiguer un champ, fatiguer la terre, l'épuiser par la culture répétée d'une même plante. || Fatiguer un arbre, lui laisser produire trop de fruits.
Par ext. Remuer, retourner. || Fatiguer la terre, en la travaillant, en la retournant.
5 J'ai dans mon voisinage des camarades qui fatiguent un terrain ingrat avec quatre bœufs.
Voltaire, Mélanges littéraires, À M. Dupont.
Poétique et vieilli :
6 (…) la dame inutile
Fatigua vainement une mer immobile.
Racine, Iphigénie, I, 1.
Fam. || Fatiguer la salade, la remuer pour y mêler l'assaisonnement. Touiller.
Arts. || Fatiguer la couleur, la pâte : remuer trop longtemps les couleurs mélangées sur la palette, ce qui les rend plus ternes. || Fatiguer un tableau, ternir l'éclat de ses couleurs par un excès de frottis, etc.
3 (Compl. n. de personne ou d'abstraction humaine). Rebuter par l'ennui, par l'importunité. || La monotonie, la répétition fatigue les auditeurs. Dégoûter, lasser, saturer. || Conférencier qui fatigue l'attention de son auditoire. || Écrivain qui fatigue ses lecteurs. Endormir (fig.), ennuyer, raser (fam.). || Fatiguer par des demandes, des récriminations, des plaintes répétées. Barber (fam.).
Importuner.Fam. || Arrête ! Tu nous fatigues. Bassiner (fam.), énerver, exaspérer, harceler, obséder, tanner, tarabuster, tracasser. → Casser les pieds à, faire chier, emmerder, faire suer. — Poét. || Fatiguer le Ciel de ses vœux, de ses prières.Fatiguer qqn par des cris, des injures. Aboyer (contre qqn), assassiner (cit. 18), assommer, assourdir, étourdir; battre, briser, broyer, rompre (les oreilles, la tête…).
7 Que vous me fatiguez avec un tel caprice.
Molière, le Misanthrope, V, 2.
8 Nous fatiguons le Ciel à force de placets.
La Fontaine, Fables, VI, 11.
9 Je n'ose fatiguer M. le duc d'Aiguillon de cette affaire particulière, il est assez occupé de celles du nord (…)
Voltaire, Lettre à d'Argental, 4017, 28 juin 1773.
10 Celui-là n'a pas un bon cœur, que la gratitude fatigue (…)
Beaumarchais, la Mère coupable, V, 7.
11 (…) il lui fut possible de faire au cœur de son ministère des démarches en faveur des condamnés; il fatigua Cambacérès, son protecteur (…)
Balzac, Une ténébreuse affaire, Pl., t. VII, p. 616.
12 (…) si vous me fatiguez trop souvent de vos précieuses pleurnicheries (…)
Baudelaire, le Spleen de Paris, XI.
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II V. intr.
1 (1549). Se donner de la fatigue; faire une grande dépense de force; donner des signes de fatigue (en parlant d'êtres animés). || Il fatigue trop (Académie). → ci-dessous, Se fatiguer.
13 Tu fatigues assez pour gagner davantage.
La Fontaine, Fables, XII, 22.
14 (…) plus elles (les troupes) fatiguaient, plus il semblait qu'elles redoublassent de vigueur (…)
Racine, le Siège de Namur.
15 À mesure que l'homme fatigue, faiblit, se fond en sueur, la mère nature lui a donné une plus vivante nourriture.
Michelet, la Femme, p. 136.
15.1 La matinée s'est avancée et quand nous reprenons la piste, la marche à travers la forêt devient très lente. Les chiens fatiguent. Nous n'irons pas loin.
R. Frison-Roche, Peuples chasseurs de l'Arctique, p. 171.
(1792). D'un mécanisme. Peiner. || Le moteur fatigue dans la montée.
2 (Choses concrètes). Subir des déformations consécutives à un trop grand effort. Déformer (se), plier. || Support, poutre qui fatigue sous une trop forte poussée.Mar. || Navire qui fatigue : navire dont la mâture, les liaisons sont ébranlées par l'effet d'un vent violent, d'une mer agitée, etc. || Bâtiment qui bourlingue et fatigue beaucoup.
15.2 La mer était très dure dans ce détroit, plein de remous formés par les contre-courants. La goélette fatigua beaucoup. Les lames courtes brisaient sa marche.
J. Verne, le Tour du monde en 80 jours, p. 177.
16 Forte houle de travers. Le navire fatigue, écrivit-il encore. Fatigue n'est pas tout à fait le mot qui convient, se dit-il (…)
Gide, Trad. Joseph Conrad, Typhon, p. 58.
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se fatiguer v. pron.
1 (1671). Fournir un effort excessif; se donner de la fatigue. || Se fatiguer en travaillant trop. Crever (se), peiner, trimer, tuer (se). || Il s'est beaucoup fatigué à faire cela. || Ne vous fatiguez pas trop. || Il n'aime pas se fatiguer. (fam.) Casser (se), fouler (se). || Se fatiguer à ne rien faire (→ Actif, cit. 2). || Comment réussir, comment gagner de l'argent sans vraiment se fatiguer.
17 Il y a une paresse universelle, et pour ainsi dire infatigable. C'est le travail qui se fatigue, mais la paresse, mais la fatigue ne se fatigue pas.
Ch. Péguy, Note conjointe, Bergson, p. 21.
18 Elle voulait se fatiguer, marcher jusqu'à ce que ses jambes lui fissent mal, ne plus penser à rien (…)
J. Green, Adrienne Mesurat, II, III.
Fam. Faire des efforts inutiles.
18.1 Gisèle, calme-toi. Tu es ridicule de te monter comme ça (…) Laisse donc tomber, ne te fatigue pas. C'est un pauvre gâteux. Il fait plutôt pitié.
N. Sarraute, le Planétarium, p. 126.
(Ne) te fatigue pas ! On sait tout : cesse de bluffer, de mentir, on sait de quoi il retourne.
Se fatiguer l'esprit, se fatiguer intellectuellement. → Se brouiller (cit. 22) la tête. || Je me fatigue à lui expliquer cela depuis deux heures. Échiner (s'), époumoner (s'). || Se fatiguer à préciser des idées ébauchées (cit. 10).
Par ext. || Ses yeux commencent à se fatiguer.
REM. Les compléments seconds se construisent avec à (se fatiguer à des travaux, à travailler), par (et subst.), en (se fatiguer en recherches interminables) pour la cause; avec pour quant à la finalité (se fatiguer pour qqch., pour rien).
2 Se fatiguer de : avoir assez, se lasser de. Ennuyer (s'), lasser (se). || Se fatiguer de qqch., de faire qqch. (→ Coutelas, cit. 1).
19 On se fatigue de la pitié quand la pitié est inutile.
Camus, la Peste, p. 106.
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fatigué, ée p. p. adj.
1 (V. 1460). Dont l'activité est diminuée par suite d'un effort excessif, de la fatigue. || Muscle, organe fatigué. || Organisme fatigué. || Personne fatiguée. Brisé, courbatu, courbaturé, échiné, épuisé, éreinté, exténué, flapi, fourbu, halbrené (vx), harassé, las, mort (fig.), moulu, recru, rendu, rompu, roué, surmené; et (fam.) claqué, crevé, esquinté, pompé, vanné, vaseux, vidé. → Être à bout, à bout de course, être sur les boulets, sur les genoux, sur le flanc, n'en plus pouvoir, être au bout du rouleau. || Fatigué et sans énergie. Abattu, accablé, déprimé. || Être fatigué par le bruit, le tumulte. Abruti, assommé, étourdi. Plais. || Il est fatigué de naissance.Cheval fatigué. Fortrait.
20 Fatigués, harassés, moulus (…) n'a-t-il pas fallu les faire coucher !
Beaumarchais, le Barbier de Séville, III, 7.
21 (…) on avait fait des bouts de chemin à pied, elle ne se plaignait pas; mais elle était fatiguée, et Jean Valjean s'en aperçut à sa main qu'elle tirait davantage en marchant.
Hugo, les Misérables, II, III, XI.
22 Je suis moi-même bien fatigué en ce moment et je ne bats que d'une aile.
Sainte-Beuve, Correspondance, t. I, p. 360.
23 Quand il est fatigué, et il l'est toujours, il se dit que le paysan aussi est toujours courbaturé; et qu'il n'en travaille pas moins; et qu'il n'en travaille que mieux. Ce n'est pas seulement une consolation, c'est une théorie. Il a inventé cette théorie qu'on travaille mieux quand on est au moins un peu fatigué. Comme il l'est toujours beaucoup, il manque un peu de compétence en matière d'un peu de fatigue. Et il manque tout à fait de l'autre terme de la comparaison, qui est de savoir ce que serait et ce que ferait quelqu'un qui ne serait pas fatigué du tout.
Ch. Péguy, Note conjointe, Descartes, p. 86.
24 Cornebleu, jambedieu, tête de vache ! nous allons périr, car nous mourons de soif et sommes fatigué. Sire Soldat, ayez l'obligeance de porter notre casque à finances (…) pour soulager notre personne, car, je le répète, nous sommes fatigué.
A. Jarry, Ubu roi, IV, 3.
Par ext. Dérangé. || Avoir l'estomac, le foie fatigué. Dérangé, malade; délabré. || Vue fatiguée, yeux fatigués (→ Évanouir, cit. 26). || Voix fatiguée. Cassé.Cerveau fatigué.
25 (…) son cerveau fatigué ne lui obéissait plus; elle était la proie de n'importe quelles pensées, de n'importe quel rêve.
J. Green, Adrienne Mesurat, III, I.
REM. Fatigué s'emploie dans la langue parlée au sens de « faible » (sans que la faiblesse soit causée par un effort) ou de « légèrement malade ». → Souffrant. || Il est un peu fatigué et devra garder le lit. || Il est un peu fatigué, un peu fatigué du cerveau. Fou, malade.
2 (Déb. XIXe). Qui marque, dénote la fatigue. || Traits fatigués. Tiré. || Figure, mine fatiguée. Avachi, battu; → Mine de papier mâché. || Teint fatigué.
26 Ce ne fut pas cependant un petit effort d'héroïsme de la part du comte que celui de revenir de Bologne; car enfin, souvent, le matin, il avait le teint fatigué, et Fabrice avait tant de fraîcheur (…)
Stendhal, la Chartreuse de Parme, VIII.
3 (1878). Fig. a (Concret). Qui a beaucoup servi, a perdu son éclat, sa fraîcheur. Abîmé, défraîchi, déformé, usagé, usé, vieux. || Vêtements, souliers fatigués. || Un vieux chapeau cabossé et fatigué. || Volume fatigué (Académie).
27 Le garçon de nuit ouvre les draps, remet la clef dans la serrure fatiguée, tire la porte en s'en allant.
J. Romains, les Hommes de bonne volonté, t. III, VI, p. 102.
28 (…) le portemanteau où pendait, parmi les melons fatigués et déteints, un melon plus foncé qui semblait avoir honte de ses frères.
J. Green, Léviathan, I, III.
Arts. || Tableau, pastel fatigué : tableau… « sur lequel le peintre est revenu trop souvent avec des frottis, ce qui a pour effet de ternir l'éclat des couleurs » ou encore, « tableau que l'on a trop frotté, en le nettoyant… » (Réau, Dict. d'art). || Couleurs fatiguées. Fané.
29 C'est (les Ruines de Volney) terne, fatigué, pompeux, monotone, sonore et sourd à la fois.
Sainte-Beuve, Chateaubriand, t. II, p. 389.
Techn. || Poutre fatiguée. Vermoulu.Mar. || Navire fatigué (→ Corvette, cit.).
b (Abstrait). Défraîchi, vieilli, sans puissance. || Un style fatigué.
4 (Personnes). || Fatigué de : las de. Dégoûté (cit. 18), ennuyé, excédé, importuné, lassé, saturé. || Être fatigué de qqn, de qqch. (→ En avoir assez).
30 (…) fatigué d'écrire, ennuyé de moi, dégoûté des autres (…)
Beaumarchais, le Barbier de Séville, I, 2.
CONTR. Délasser, détendre, ménager, réconforter, refaire, reposer. — Amuser, intéresser, récréer. — (Du p. p.) Dispos, frais, fort, infatigué, reposé, sain, solide, vigoureux. — Neuf.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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